
Le parachutisme représente l’une des activités les plus spectaculaires et recherchées par les amateurs de sensations fortes. Chaque année, des milliers de personnes franchissent le pas et découvrent cette expérience unique qui combine adrénaline pure, dépassement de soi et émerveillement face à des paysages aériens exceptionnels. Contrairement aux idées reçues, cette discipline est aujourd’hui parfaitement encadrée et accessible à un large public, grâce à des protocoles de sécurité drastiques et à l’expertise de moniteurs hautement qualifiés. Que vous envisagiez un saut en tandem pour une première découverte ou une formation complète pour devenir parachutiste autonome, comprendre les différentes étapes et exigences de cette pratique vous permettra d’aborder sereinement cette aventure aérienne hors du commun.
Les différentes disciplines de parachutisme pour débutants
Le monde du parachutisme offre plusieurs portes d’entrée adaptées aux objectifs et au niveau d’engagement de chacun. Avant de réserver votre premier saut, il est essentiel de comprendre les différentes formules proposées par les centres affiliés à la Fédération Française de Parachutisme. Chaque méthode présente des caractéristiques spécifiques en termes de formation, d’autonomie et de progression. Le choix dépendra de votre budget, du temps dont vous disposez, mais aussi de votre appétence pour l’apprentissage technique ou simplement pour l’expérience sensorielle immédiate.
Le saut en tandem avec un moniteur diplômé BPJEPS ou BPA
Le saut en tandem constitue la méthode la plus populaire pour découvrir la chute libre sans formation préalable approfondie. Cette formule permet de vivre l’expérience complète du parachutisme dès le premier saut, en étant solidement attaché à un moniteur professionnel titulaire d’un Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS) mention parachutisme ou d’un Brevet Professionnel d’Aptitude (BPA). Le moniteur gère l’intégralité des aspects techniques : sortie d’avion, stabilité en chute libre, ouverture du parachute, pilotage sous voile et atterrissage. Votre seule mission consiste à profiter pleinement de chaque instant et à suivre les quelques consignes simples données lors du briefing au sol. Cette formule accessible dès 15 ans avec autorisation parentale représente environ 85% des sauts effectués en France.
La progression accompagnée en chute (PAC) : formation accélérée
La méthode PAC s’adresse aux personnes souhaitant rapidement acquérir une autonomie en chute libre. Cette formation intensive débute par une journée complète de théorie couvrant l’aérologie, la mécanique de vol, les procédures de sécurité et l’utilisation du matériel. Lors du premier saut, vous quittez l’avion seul mais encadré par deux moniteurs qui vous accompagnent en vol relatif pour corriger votre position et assurer votre stabilité. Les sauts suivants réduisent progressivement cet accompagnement jusqu’à l’autonomie complète, généralement atteinte après six à sept sauts. La PAC permet d’obtenir le brevet A de la FFP, premier niveau de qualification reconnu, après une quinzaine de sauts validés. Cette méthode exige un investissement financier plus conséquent mais offre une progression rapide vers la pratique autonome du parachutisme sportif
La méthode traditionnelle par ouverture automatique
Moins connue du grand public, la méthode traditionnelle par ouverture automatique constitue pourtant une excellente porte d’entrée pour celles et ceux qui souhaitent découvrir le parachutisme « aux commandes » dès le début, sans passer par le tandem. Ici, vous sautez seul dès le premier saut, mais votre parachute s’ouvre automatiquement grâce à une sangle d’ouverture reliée à l’avion. Vous ne vivez donc pas une longue chute libre à 200 km/h, mais une courte phase de sortie d’avion suivie immédiatement du déploiement de la voile.
Avant de monter à bord, une formation théorique de plusieurs heures vous est dispensée : position de sortie, conduite sous voile, trajectoire d’atterrissage, gestion des incidents rares mais prévus par les procédures de sécurité. Sur les premiers sauts, l’altitude est volontairement plus basse (souvent autour de 1 200 mètres) afin de limiter la durée du vol sous voile et de vous permettre de vous concentrer sur les fondamentaux. Progressivement, à mesure que vous gagnez en confiance et en précision, vous pourrez accéder à des altitudes de largage plus élevées et à des ouvertures retardées, prélude à la chute libre.
Cette méthode d’ouverture automatique est particulièrement appréciée pour son excellent rapport sécurité / apprentissage : la mécanique d’ouverture est simplifiée, mais vous apprenez très vite à piloter votre parachute, à gérer votre altitude, et à préparer un atterrissage précis sur la drop zone. C’est un peu l’équivalent de l’auto-école en conduite accompagnée : vous êtes déjà aux commandes, mais dans un cadre très encadré, avec des procédures répétées et un suivi individuel par les moniteurs.
Le wingsuit et la voile-contact : disciplines réservées aux confirmés
En parcourant les réseaux sociaux, vous avez sans doute déjà vu des vidéos de wingsuit ou de voile-contact (canopy relative work). Ces disciplines spectaculaires font rêver, mais il est important de rappeler qu’elles sont strictement réservées aux parachutistes expérimentés. En wingsuit, vous enfilez une combinaison ailée qui vous permet de planer horizontalement et de parcourir plusieurs kilomètres avant l’ouverture de la voile. En voile-contact, plusieurs parachutistes évoluent sous voile en formation, allant jusqu’à se poser les uns sur les voiles des autres pour créer des figures aériennes.
Pour accéder légalement au wingsuit en France, la Fédération Française de Parachutisme impose notamment un brevet C (environ 200 sauts minimum), une maîtrise parfaite de la chute libre et du pilotage sous voile, ainsi qu’une formation spécifique. La voile-contact, de son côté, nécessite une excellente précision en pilotage, une lecture fine des trajectoires et une parfaite maîtrise des priorités en l’air. Dans les deux cas, on ne parle plus de découverte du parachutisme, mais de véritables disciplines sportives de haut niveau, avec des entraînements réguliers et des compétitions nationales et internationales.
Pour un premier saut en parachute, il est donc inutile – et même dangereux – de vouloir « brûler les étapes » en visant directement le wingsuit ou la voile-contact. Pensez plutôt ces disciplines comme un horizon possible, un objectif à long terme si vous tombez amoureux du parachutisme sportif. Un peu comme en alpinisme : on commence par des randonnées encadrées avant d’envisager l’ascension d’une face nord mythique.
Préparation physique et médicale obligatoire avant le premier saut
Si le saut en parachute est aujourd’hui accessible à la plupart des adultes en bonne santé, il ne s’agit pas pour autant d’une simple balade aérienne. Votre corps sera soumis à des contraintes spécifiques : accélérations lors de l’ouverture, variations de pression, stress émotionnel intense. Pour cette raison, les centres sérieux et affiliés FFP accordent une grande importance à la préparation médicale et à l’évaluation de votre condition physique. Cette étape peut paraître contraignante, mais elle garantit votre sécurité et votre confort tout au long de l’expérience.
En pratique, plusieurs éléments sont vérifiés : la présence ou non de pathologies chroniques, vos antécédents cardiovasculaires ou neurologiques, votre indice de masse corporelle (IMC) et votre mobilité générale. Vous vous demandez si votre état de santé est compatible avec un premier saut en parachute ? Dans le doute, un avis médical préalable reste incontournable : il permettra d’écarter les contre-indications et, parfois, d’adapter les conditions de saut (altitude, type de harnais, moniteur affecté).
Le certificat médical de non-contre-indication délivré par un médecin agréé
En France, la réglementation de la Fédération Française de Parachutisme recommande fortement, et impose dans certains cas, la présentation d’un certificat médical de non-contre-indication au parachutisme. Ce document doit être rédigé par un médecin, idéalement formé à la médecine du sport ou agréé par la FFP, et dater de moins de 6 à 12 mois selon les centres. Pour un stage PAC ou une pratique régulière, il est généralement obligatoire ; pour un simple baptême en tandem, certains centres restent plus souples, mais tendent de plus en plus à exiger au minimum un questionnaire de santé détaillé.
Lors de la consultation, le médecin évalue notamment votre tension artérielle, votre fréquence cardiaque de repos, votre capacité respiratoire et vos antécédents médicaux. En cas de pathologie connue (asthme sévère, diabète insulinodépendant, trouble du rythme cardiaque, épilepsie…), des examens complémentaires ou un avis spécialisé peuvent être demandés. L’objectif n’est pas de vous empêcher de vivre votre première expérience, mais de vérifier que votre organisme supportera sans risque la chute libre, puis l’ouverture du parachute et la descente sous voile.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, pensez à prendre rendez-vous plusieurs semaines avant votre date de saut. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises de dernière minute et aurez le temps, le cas échéant, d’ajuster un traitement ou de reporter la séance. Gardez également une copie numérique de votre certificat médical : de nombreux centres de parachutisme acceptent désormais l’envoi dématérialisé lors de la réservation.
Les restrictions cardiovasculaires et neurologiques à connaître
Certaines pathologies constituent des contre-indications formelles au saut en parachute, en particulier lorsqu’elles concernent le cœur ou le système nerveux central. Les risques principaux sont liés aux fortes émotions, aux variations de pression, et aux accélérations subies notamment lors de l’ouverture de la voile. Ainsi, les antécédents d’infarctus du myocarde récent, d’angine de poitrine instable, d’insuffisance cardiaque sévère ou de troubles du rythme non contrôlés peuvent conduire le médecin à refuser l’aptitude, ou à exiger un avis cardiologique spécialisé.
Du côté neurologique, les antécédents d’épilepsie active, d’AVC récent, de traumatismes crâniens graves ou certaines pathologies dégénératives imposent également une grande prudence. Un malaise en chute libre ou sous voile serait évidemment problématique, même si l’on parle de situations extrêmement rares lorsque la sélection médicale est correctement réalisée. De la même manière, certains troubles psychiatriques sévères, en particulier lorsqu’ils s’accompagnent de traitements sédatifs puissants, peuvent contre-indiquer temporairement la pratique du parachutisme.
Enfin, les troubles ORL liés à la décompression (problèmes de trompe d’Eustache, sinusites chroniques aiguës, opérations récentes de l’oreille interne) doivent être signalés, car la variation de pression entre le sol et 4 000 mètres peut générer des douleurs intenses ou, plus rarement, des lésions. Là encore, l’avis d’un spécialiste ORL permettra le plus souvent de trancher entre contre-indication et simples précautions (prise de décongestionnant, report temporaire, choix d’une altitude de saut adaptée).
L’IMC et les limites de poids selon les centres de parachutisme
Au-delà de l’aspect purement médical, les centres de parachutisme imposent aussi des limites de poids, à la fois pour des raisons de sécurité du matériel et de confort pour le moniteur tandem. Dans la plupart des structures françaises, le poids maximal pour un saut en tandem se situe entre 90 et 95 kg, équipement compris. Certains centres peuvent aller au-delà, jusqu’à 100 ou 105 kg, mais cela dépend du type de harnais, de la surface de la voile et du gabarit du moniteur affecté.
Plus que le poids brut, c’est l’indice de masse corporelle (IMC) qui est pris en compte, car il reflète la répartition du poids par rapport à la taille. Un IMC très élevé peut rendre l’ajustement du harnais plus délicat, limiter l’amplitude des mouvements (relever les jambes à l’atterrissage par exemple) et augmenter les contraintes mécaniques sur les genoux, la colonne lombaire ou les hanches. À l’inverse, un poids trop faible (souvent en dessous de 40–45 kg) peut poser des problèmes d’ajustement de harnais, notamment chez les adolescents.
Concrètement, il est recommandé de communiquer votre taille et votre poids réels au moment de la réservation. Cela permet au centre de vérifier que les limites de certification du matériel ne seront pas dépassées, et d’anticiper, si besoin, l’affectation d’un moniteur adapté à votre gabarit. En cas de doute, une discussion préalable avec l’équipe technique évite les déceptions le jour J, par exemple en cas de refus d’embarquement pour dépassement des limites de sécurité.
La condition physique minimale requise pour supporter 5G en ouverture
Lors de l’ouverture du parachute, votre corps subit une décélération brutale qui peut atteindre, ponctuellement, 4 à 5 fois le poids du corps (4–5 G). Cela reste très inférieur aux charges subies par les pilotes de chasse, mais suffisant pour solliciter fortement les muscles du tronc, le système cardio-vasculaire et les articulations, en particulier chez les personnes peu entraînées. Pour cette raison, on conseille généralement d’avoir au minimum une condition physique « de base » avant un saut en parachute : pouvoir marcher 30 minutes sans essoufflement majeur, monter quelques étages d’escalier, et se relever facilement du sol.
Des douleurs dorsales chroniques, des antécédents de hernie discale opérée ou des prothèses de hanche ou de genou ne sont pas systématiquement incompatibles avec un saut en tandem, mais doivent être signalés. Selon les cas, le médecin peut recommander des exercices de renforcement musculaire léger (gainage, étirements, marche rapide) dans les semaines qui précèdent, ou suggérer une adaptation de la position d’atterrissage. Pensez que la plupart des centres demandent également une bonne mobilité pour lever les jambes à 90° à l’atterrissage : un critère simple à tester chez soi avant de réserver.
De manière générale, une hygiène de vie saine dans les jours qui précèdent votre première expérience reste votre meilleur atout : sommeil suffisant, alimentation équilibrée, absence d’alcool ou de substances psychoactives, hydratation correcte. Vous aborderez ainsi le saut dans les meilleures conditions, avec un organisme prêt à encaisser l’adrénaline et les contraintes mécaniques… pour mieux profiter des sensations plutôt que de les subir.
Déroulement technique d’un saut en tandem à 4000 mètres
Après avoir vérifié que vous remplissez les conditions médicales et physiques, passons au concret : comment se déroule, étape par étape, un saut en tandem à 4000 mètres ? Comprendre la chronologie de l’expérience permet de réduire le stress et de mieux savourer chaque phase, depuis l’équipement au sol jusqu’au retour sur la drop zone. Vous verrez qu’aucun détail n’est laissé au hasard : chaque geste est codifié, chaque position a une raison de sécurité ou de confort.
Globalement, on distingue cinq grandes étapes : le briefing au sol, l’embarquement dans l’avion (Cessna Caravan, Pilatus Porter ou autre), la montée vers l’altitude de largage, la chute libre proprement dite, puis la descente sous voile et l’atterrissage. Le tout ne dure qu’une vingtaine de minutes en l’air, mais laisse des souvenirs qui, eux, restent souvent gravés à vie.
Le briefing au sol : explication du harnais biplace et des positions de sécurité
À votre arrivée sur le centre, après les formalités d’enregistrement et la signature des documents administratifs, vous êtes pris en charge par votre moniteur tandem. C’est lui qui vous guidera jusqu’à l’atterrissage. La séance commence par un briefing de 10 à 20 minutes, durant lequel il vous présente le harnais biplace, le parachute tandem et les positions à adopter à chaque étape du saut : à la porte de l’avion, en chute libre, puis à l’atterrissage.
Le harnais tandem comporte plusieurs points d’attache qui vous relieront physiquement au moniteur : au niveau des épaules, de la poitrine et des hanches. Il est ajusté précisément à votre morphologie pour éviter tout jeu excessif, tout en vous permettant de respirer et de bouger confortablement. Le moniteur vous montre comment vous positionner en « banane » (bassin en avant, jambes repliées vers l’arrière, menton relevé) au moment de la sortie et pendant la chute libre, afin de garantir une excellente stabilité aérodynamique.
Le briefing aborde aussi les quelques consignes de sécurité essentielles : ne pas saisir les sangles du parachute, garder les bras croisés ou le long du corps tant que le moniteur ne vous donne pas le signal, relever les jambes à 90° juste avant le contact au sol. N’hésitez pas à poser toutes vos questions, même celles qui vous paraissent naïves. Plus vous comprenez ce qui va se passer, plus votre cerveau pourra passer du mode « peur de l’inconnu » au mode « plaisir et découverte ».
L’embarquement dans le cessna caravan ou le pilatus porter
Une fois équipé et briefé, vient le moment de l’embarquement dans l’avion. Selon les centres, il s’agit le plus souvent d’un Cessna Caravan, d’un Pilatus Porter, d’un Twin Otter ou d’un autre avion spécifiquement aménagé pour le largage de parachutistes. L’intérieur est volontairement dépouillé : pas de sièges traditionnels, mais des banquettes ou des tapis sur lesquels les sauteurs s’installent en ligne, tournés vers l’arrière.
Vous montez généralement parmi un groupe de tandems et de parachutistes sportifs, dans une ambiance à la fois concentrée et joyeuse. Votre moniteur vous guide jusqu’à votre place, ferme votre harnais, vérifie une dernière fois les boucles et vous rattache à lui à l’aide des quatre points d’attache principaux. C’est aussi pendant la montée que l’éventuel vidéoman, s’il est présent, commence à capturer vos impressions, vos sourires et parfois vos appréhensions.
La montée vers 4 000 mètres dure en moyenne 15 à 20 minutes. C’est un moment privilégié pour observer le paysage, respirer calmement et vous familiariser avec le bruit du moteur et les vibrations de l’appareil. Vous sentirez vos oreilles se boucher légèrement en raison de la variation de pression, exactement comme en avion de ligne. Si vous le souhaitez, vous pouvez échanger avec votre moniteur, qui saura vous rassurer et répondre à vos dernières interrogations.
La phase de chute libre à 200 km/h pendant 40 à 50 secondes
Arrivé à l’altitude de largage, la porte s’ouvre : un souffle d’air frais envahit la cabine, la lumière extérieure devient éclatante et l’adrénaline monte d’un cran. Les parachutistes solos sortent généralement en premier, puis vient le tour des tandems. Guidé par votre moniteur, vous glissez à genoux jusqu’à la porte, placez vos pieds sous le fuselage, cambrez le bassin en avant, relevez le menton… et, sur un comptage bref, vous basculez ensemble dans le vide.
Contrairement à ce que l’on imagine, la chute libre ne donne pas la sensation de tomber dans un ascenseur en panne. Dès les trois ou quatre premières secondes, votre corps atteint une vitesse de croisière d’environ 200 km/h, et la sensation se rapproche davantage d’un fort vent qui vous porte que d’une chute brutale. Le bruit de l’air est intense, le paysage défile à grande vitesse, mais vous avez parfaitement le temps de respirer, de crier, de sourire et même de faire quelques signes de la main à la caméra.
Cette phase dure entre 40 et 50 secondes selon l’altitude de largage et la masse totale du binôme. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est à la fois très court… et incroyablement dense en sensations. Beaucoup de primo-sautants décrivent ce moment comme un « trou dans le temps », une parenthèse où les repères habituels disparaissent, remplacés par une impression de liberté absolue. Votre moniteur contrôle la stabilité, gère l’altimètre, et se prépare à déclencher l’ouverture au moment prévu.
L’ouverture de la voile rectangulaire à 1500 mètres d’altitude
À environ 1 500 mètres du sol, le moniteur actionne la poignée d’ouverture du parachute. En une à deux secondes, la voile rectangulaire de grande surface se déploie au-dessus de vos têtes, faisant passer votre vitesse verticale d’environ 200 km/h à une quinzaine de km/h. Vous ressentez alors une nette décélération, un peu comme si vous passiez brusquement du sprint à la marche rapide : l’impression de pression sur le harnais peut être marquée, mais ne dure que quelques instants.
Une fois la voile ouverte et stabilisée, le moniteur procède à une série de contrôles rapides : symétrie des suspentes, bon gonflage de la voilure, absence de twist (torsion des élévateurs). Ce n’est qu’en cas de dysfonctionnement majeur – événement extrêmement rare et anticipé par des procédures très codifiées – qu’il déciderait de couper le parachute principal pour déclencher la voile de secours, ce qui fait partie intégrante de sa formation professionnelle.
Pour vous, c’est le passage du monde de l’adrénaline pure à celui de la contemplation. Le bruit assourdissant de la chute libre disparaît presque complètement, remplacé par un sifflement discret et la sensation d’être suspendu dans l’air. C’est souvent à ce moment que vous réalisez pleinement ce que vous êtes en train de vivre, en découvrant la vue panoramique à 360° sur la région.
Le pilotage sous voile et l’atterrissage sur la drop zone
Après l’ouverture, il vous reste environ 5 à 7 minutes de descente sous voile, durant lesquelles votre moniteur pilote le parachute en jouant sur les commandes reliées aux freins de la voile. Selon les conditions de sécurité et votre envie, il pourra vous proposer un vol plutôt tranquille, façon promenade aérienne, ou quelques virages plus dynamiques qui accentuent la sensation de glisse et de vitesse. Dans certains centres, vous aurez même l’occasion de tenir brièvement les commandes pour sentir la réactivité de la voile.
Au fur et à mesure que vous vous rapprochez du sol, la drop zone se dessine avec précision : zone d’atterrissage matérialisée, direction du vent, trajectoires des autres parachutes. Votre moniteur anticipe alors un circuit d’atterrissage en plusieurs « branches » (vent arrière, base, finale), à la manière d’un avion de ligne. Il vous rappelle la consigne clé : relever les jambes à 90° quelques secondes avant le contact, afin de lui laisser gérer le posé en douceur sur ses propres jambes ou en glissade contrôlée.
L’atterrissage est généralement bien plus doux qu’on ne l’imagine, souvent comparable à un saut depuis une petite marche d’escalier lorsque la vitesse horizontale est bien maîtrisée. Une fois au sol, le moniteur s’assure que tout va bien, dégrafe progressivement les points d’attache, et vous aide à vous relever. Il n’est pas rare que les premières secondes soient accompagnées de rires nerveux, de cris de joie, voire de quelques larmes d’émotion : vous venez de vivre une expérience hors du commun, et votre corps met quelques instants à redescendre de ce pic d’adrénaline.
Équipement de sécurité et matériel professionnel utilisé
Derrière la simplicité apparente d’un premier saut en parachute, se cache un ensemble de technologies et de procédures de sécurité très avancées. Les centres affiliés FFP utilisent du matériel homologué, révisé régulièrement et entretenu par des plieurs-réparateurs qualifiés. Chaque élément – de la voile principale au harnais, en passant par l’altimètre et l’ouvreuse de sécurité automatique – joue un rôle précis dans la maîtrise des risques.
Un système tandem complet comprend notamment un parachute principal de grande surface, conçu pour supporter sans difficulté la masse d’un adulte et de son moniteur, ainsi qu’un parachute de secours, plié selon un protocole très strict et contrôlé à intervalles réguliers (en France, généralement tous les 6 mois). À cela s’ajoute un dispositif de sécurité électronique (AAD, pour Automatic Activation Device), qui surveille en permanence votre altitude et votre vitesse verticale.
Si, pour une raison exceptionnelle, le parachute n’était pas déclenché à une altitude prédéfinie, l’AAD se chargerait automatiquement de couper une boucle fermant le container de secours, provoquant ainsi l’ouverture de la voile de réserve. Ce système redondant, imposé dans la très grande majorité des configurations tandem, explique en partie les excellents niveaux de sécurité du parachutisme moderne.
Les zones de saut réputées en france : chambéry, royan, Gap-Tallard
Le cadre dans lequel vous effectuez votre premier saut en parachute joue un rôle majeur dans l’intensité de votre souvenir. La France dispose d’un réseau de drop zones parmi les plus variées d’Europe, offrant des panoramas très différents selon que vous privilégiez la montagne, la mer ou les grands espaces. Trois sites reviennent régulièrement parmi les plus plébiscités : Chambéry, Royan et Gap-Tallard.
À Chambéry, vous volez au-dessus du lac du Bourget et des reliefs savoyards, avec en toile de fond les massifs alpins. La vue sur les sommets enneigés au printemps ou en automne offre un contraste saisissant avec le bleu profond du lac. Du côté de Royan, c’est l’Atlantique qui s’invite sous vos pieds : estuaire de la Gironde, longues plages, île d’Oléron à l’horizon… un décor idéal si vous rêvez d’un saut en parachute au-dessus de l’océan.
Gap-Tallard, enfin, est souvent présenté comme l’une des capitales européennes des sports aériens. Situé dans les Hautes-Alpes, ce site bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel et d’une aérologie renommée, ce qui en fait un terrain de jeu privilégié pour le parachutisme sportif, mais aussi pour le vol en planeur, l’hélicoptère ou le parapente. Pour un premier saut, c’est l’assurance de combiner sensations fortes et spectacle grandiose, avec les Écrins et le Dévoluy en toile de fond.
Tarifs et budgets selon les centres affiliés FFP
La question du budget pour un saut en parachute revient naturellement au moment de réserver. En France, les tarifs sont relativement homogènes d’un centre affilié FFP à l’autre, avec cependant quelques variations selon la région, la saison, le type d’avion utilisé et les options choisies (vidéo, photos, formation PAC, etc.). Pour un premier saut en tandem à 4 000 mètres, il faut en général compter entre 230 et 350 euros par personne, la fourchette haute correspondant souvent aux zones très touristiques ou aux packs incluant des prestations additionnelles.
Les options vidéo et photos, fortement recommandées si vous souhaitez garder une trace de cette première expérience, ajoutent en moyenne 70 à 120 euros à la facture, selon qu’un vidéoman externe vous accompagne en chute libre ou que la captation soit réalisée par une caméra fixée sur le poignet du moniteur. Les centres proposent fréquemment des offres promotionnelles en semaine, hors haute saison, ainsi que des cartes cadeaux pour offrir un saut à un proche.
Pour ceux qui envisagent de poursuivre vers la pratique autonome, les budgets montent logiquement : une formation PAC complète, incluant la journée de théorie, les 6 à 7 premiers sauts encadrés, le prêt de matériel et parfois la licence-assurance fédérale, se situe souvent entre 1 200 et 1 600 euros. Ensuite, chaque saut solo supplémentaire coûte beaucoup moins cher (souvent entre 25 et 35 euros, hors location de matériel). Il est donc utile, avant de réserver, de clarifier votre projet : souhaitez-vous vivre une expérience unique, ou poser la première pierre d’un véritable parcours de parachutiste sportif ? Dans les deux cas, les centres affiliés FFP sauront vous orienter vers la formule la plus adaptée à vos envies et à votre budget.