# Conseils pratiques pour voyager avec des objets de valeur

Le voyage avec des objets de valeur représente un défi majeur pour tout voyageur moderne. Qu’il s’agisse de bijoux de famille, de montres de luxe, d’équipements électroniques coûteux ou de documents importants, la protection de ces biens nécessite une préparation minutieuse et une connaissance approfondie des meilleures pratiques de sécurité. Selon les statistiques récentes du secteur de l’assurance, plus de 52% des voyageurs transportent des objets de valeur lors de leurs déplacements, notamment durant les périodes de fêtes. Pourtant, la majorité d’entre eux négligent les mesures de protection essentielles, s’exposant ainsi à des risques considérables de vol, de perte ou de dommage. Dans un contexte où les cambriolages surviennent toutes les trois minutes en France et où 50% des vols ciblent spécifiquement les bijoux et moyens de paiement, comprendre comment sécuriser vos biens précieux devient indispensable pour voyager l’esprit tranquille.

Assurance voyage et déclaration préalable des biens de haute valeur

La première étape pour protéger efficacement vos objets de valeur lors d’un voyage consiste à vérifier votre couverture d’assurance existante. Trop de voyageurs découvrent malheureusement les lacunes de leur police d’assurance uniquement après avoir subi une perte. Les contrats d’assurance habitation standard prévoient généralement un plafond distinct pour les objets précieux, souvent limité à quelques milliers d’euros, ce qui peut s’avérer largement insuffisant si vous transportez des bijoux de grande valeur ou des équipements professionnels coûteux. Il est donc crucial de contacter votre courtier d’assurance avant votre départ pour confirmer précisément l’étendue de votre couverture et les conditions d’indemnisation applicables en cas de sinistre lors de vos déplacements à l’étranger.

Souscription à une police d’assurance spécialisée pour objets précieux

Pour les voyageurs transportant régulièrement des biens de haute valeur, souscrire une police d’assurance spécialisée pour objets précieux constitue une solution incontournable. Ces assurances offrent une couverture mondiale tous risques sans franchise, incluant notamment la protection contre la disparition inexplicable, une situation fréquente en voyage où vous perdez un objet sans pouvoir déterminer exactement quand et comment la perte s’est produite. Ces polices spécialisées couvrent également les dommages accidentels, les vols avec ou sans effraction, et même certains cas de négligence. Le coût de cette protection supplémentaire varie généralement entre 0,5% et 2% de la valeur totale des biens assurés annuellement, un investissement modeste comparé au risque financier encouru.

Documentation photographique et certificats d’authenticité avant le départ

Avant tout voyage, vous devez constituer un dossier documentaire complet de vos objets de valeur. Cette démarche facilite considérablement les procédures d’indemnisation en cas de sinistre et aide les autorités à retrouver vos biens en cas de vol. Photographiez chaque article sous plusieurs angles, en incluant des gros plans sur les détails distinctifs, les numéros de série, les poinçons et les marques d’authenticité. Pour les bijoux sertis, documentez chaque pierre précieuse individuellement. Conservez également les certificats d’authenticité, les factures d’achat originales, les certificats gemmologiques et tout document prouvant la valeur de vos biens. Il est recommandé de stocker ces informations dans un cloud sécuris

é et sur un support physique distinct (clé USB chiffrée, disque dur externe) conservé séparément de vos objets. En cas de vol de vos bagages, vous disposerez ainsi immédiatement de toutes les informations nécessaires pour déclarer le sinistre à votre assureur, aux forces de l’ordre et, le cas échéant, aux compagnies aériennes. Pensez également à noter les numéros IMEI de vos téléphones, tablettes et ordinateurs portables, ainsi que les références de vos montres de luxe, afin de pouvoir les signaler rapidement dans les bases de données internationales d’objets volés.

Déclaration auprès des compagnies aériennes pour les articles supérieurs à 1000€

Lorsque vous transportez des objets dont la valeur unitaire dépasse 1000€, une simple étiquette bagage ne suffit plus. La plupart des compagnies aériennes prévoient des procédures spécifiques de déclaration des objets de valeur, en particulier pour les œuvres d’art, les instruments de musique, les équipements professionnels et certains bijoux de haute joaillerie. Vous pouvez, selon les cas, demander un transport en cabine sous forme de siège supplémentaire (extra seat) pour un instrument ou une mallette, ou remplir un formulaire de déclaration spéciale de valeur pour les bagages enregistrés.

Attention toutefois : même en cas de déclaration, la responsabilité des compagnies aériennes reste strictement encadrée par la Convention de Montréal, avec un plafond d’indemnisation qui tourne généralement autour de 1300€ par passager, sauf surclassement de responsabilité. Vous devrez souvent payer un supplément pour augmenter ce plafond et fournir des justificatifs récents de valeur (factures, expertises). Il est donc judicieux de comparer le coût de cette option avec celui d’une assurance spécialisée pour objets précieux, souvent plus protectrice en voyage international.

Clauses d’exclusion et plafonds d’indemnisation des assureurs traditionnels

Les polices d’assurance habitation et multirisque classiques comportent de nombreuses clauses d’exclusion que vous devez connaître avant de voyager avec des objets de valeur. Certains contrats excluent par exemple les pertes simples (objet égaré sans preuve de vol), les vols sans effraction, ou encore les sinistres survenus dans les hôtels et véhicules laissés sans surveillance. De plus, les plafonds d’indemnisation pour les bijoux, montres, œuvres d’art ou métaux précieux sont souvent très inférieurs à leur valeur réelle, surtout lorsqu’ils sont transportés hors du domicile.

Pour éviter les mauvaises surprises, demandez à votre assureur un écrit détaillant clairement : la liste des biens couverts en déplacement, les montants maximums par objet et par sinistre, les pays éventuellement exclus, ainsi que les obligations de sécurité à respecter (usage d’un coffre-fort, non-transport en soute, etc.). En cas de doute, faites ajuster votre contrat via un avenant ou optez pour une police dédiée aux objets de haute valeur. Vous pouvez voir cette démarche comme la préparation d’un plan de vol pour vos biens précieux : mieux il est défini, moins vous risquez de turbulences financières en cas de problème.

Stratégies de transport sécurisé en cabine et en soute

Une fois votre couverture d’assurance clarifiée, reste à répondre à une question stratégique : comment transporter physiquement vos objets de valeur ? Le choix entre bagage cabine et bagage en soute, le type de valise, le système de fermeture ou encore l’organisation intérieure de vos effets jouent un rôle déterminant dans la sécurité de vos biens. Dans la plupart des cas, privilégier le transport en cabine est la meilleure option pour les bijoux, les montres de luxe, l’argent liquide, les documents importants et les appareils électroniques.

Les bagages enregistrés sont plus exposés aux risques de perte, d’ouverture non autorisée et de détérioration lors des manipulations aéroportuaires. Pourtant, certains objets volumineux ou soumis à des restrictions (liquides, batteries, matériel professionnel) doivent parfois être placés en soute. Dans ce cas, il devient crucial de combiner plusieurs couches de protection : valise rigide homologuée, cadenas certifiés, balise de traçage et assurance adaptée. En d’autres termes, vous transformez un simple bagage en un véritable « système de sécurité embarqué ».

Réglementation TSA et EASA sur les bijoux et métaux précieux en bagage à main

Bonne nouvelle : ni la TSA (Transportation Security Administration) ni l’EASA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne) n’interdisent le transport de bijoux et de métaux précieux en cabine. Vous pouvez donc voyager avec vos montres, bagues, colliers et lingots d’or, sous réserve de respecter les contrôles de sûreté et les formalités douanières. En pratique, les agents peuvent vous demander de retirer vos bijoux volumineux ou vos montres de luxe pour les placer dans un bac au scanner, comme pour un ordinateur portable.

Pour limiter les risques d’attention indésirable, évitez d’exhiber vos pièces les plus voyantes pendant le passage de sécurité. Placez-les plutôt dans une pochette discrète ou un étui fermé que vous déposerez dans le bac. Si vous transportez des métaux précieux ou des pierres de grande valeur, vous pouvez demander un contrôle en cabine privée, ce que de nombreux aéroports acceptent pour des raisons de confidentialité et de sécurité. Enfin, gardez à l’esprit que les règles de sécurité n’ont rien à voir avec les règles douanières : ne confondez pas absence d’interdiction au contrôle de sûreté et absence d’obligation de déclaration à la douane.

Utilisation de mallettes rigides homologuées ABS et polycarbonate

Pour les objets de valeur qui doivent voyager en soute ou qui nécessitent une protection mécanique renforcée, l’usage de mallettes rigides en ABS ou polycarbonate homologuées est vivement recommandé. Ce type de contenant, souvent utilisé par les photographes professionnels, musiciens ou transporteurs de fonds, offre une résistance accrue aux chocs, aux chutes et aux tentatives d’effraction. Certains modèles sont même certifiés IP67, garantissant une étanchéité à la poussière et à l’eau en cas de fortes pluies ou de manipulation en zone humide.

Choisissez une mallette dotée de renforts métalliques, de charnières continues et de points d’ancrage pour cadenas. L’intérieur doit être modulable, avec de la mousse prédécoupable ou des séparateurs ajustables pour épouser parfaitement la forme de chaque objet (boîtiers photo, objectifs, montres, ordinateurs, instruments de mesure, etc.). Pensez à étiqueter discrètement la mallette avec vos coordonnées, mais sans mention explicite de son contenu pour ne pas attiser la convoitise. Une mallette rigide bien configurée agit comme une « boîte noire » pour vos objets de valeur : elle absorbe les chocs et conserve l’intégrité de ce qu’elle protège.

Systèmes de verrouillage TSA-approved et cadenas à combinaison certifiés

La qualité du système de verrouillage de vos valises et mallettes est un élément souvent sous-estimé dans la protection des objets de valeur en voyage. Les cadenas bas de gamme se fracturent en quelques secondes, rendant illusoires toute mesure de sécurité. Privilégiez des cadenas à combinaison certifiés, idéalement dotés d’une classification de sécurité reconnue (comme la norme européenne EN 12320 pour certains modèles), et évitez les petits cadenas décoratifs qui ne résistent pas aux outils de base des voleurs expérimentés.

Pour les voyages à destination ou en transit via les États-Unis, l’usage de serrures TSA-approved est fortement conseillé. Ces serrures permettent aux agents de sécurité d’ouvrir votre bagage à l’aide d’une clé maîtresse sans casser le cadenas, tout en le refermant ensuite. Gardez néanmoins en tête que la serrure TSA n’est pas une garantie anti-vol en soi, mais plutôt une solution de compatibilité avec les contrôles de sûreté. Pour les objets très sensibles, il peut être pertinent de combiner un cadenas TSA pour l’extérieur de la valise avec un second système de verrouillage, non TSA, sur la mallette interne contenant vos biens les plus précieux.

Étuis anti-choc et pochettes RFID pour montres de luxe et cartes bancaires

À l’intérieur de votre bagage cabine, une bonne organisation est votre meilleure alliée. Les montres de luxe doivent être placées dans des étuis anti-choc individuels, de préférence en cuir ou en tissu technique rembourré, avec une forme cylindrique ou un coussin central pour préserver le bracelet et le mécanisme. Évitez de jeter vos montres en vrac dans une trousse de toilette ou une poche latérale : un choc violent ou une compression prolongée peuvent endommager le mouvement ou rayer irrémédiablement le boîtier.

Pour vos cartes bancaires, passeports biométriques et badges d’accès, l’usage d’une pochette anti-RFID permet de limiter les risques de skimming électronique et de vol de données à distance dans les foules (aéroports, gares, salons professionnels). Combinez cette protection électronique avec une pochette secrète de voyage légère, portée sous vos vêtements, au niveau du cou ou de la taille. Vous créez ainsi une double barrière : une protection physique contre les pickpockets et une protection numérique contre les pirates. Dans cette configuration, votre pochette devient un véritable « coffre-fort portable » pour vos moyens de paiement et vos documents essentiels.

Dispositifs de traçabilité et technologies anti-vol en déplacement

Avec la généralisation des objets connectés, il serait dommage de se priver des technologies de traçabilité pour sécuriser vos objets de valeur en voyage. Balises GPS miniatures, étiquettes Bluetooth, sacs à dos antivol et coffres-forts portables permettent aujourd’hui de suivre en temps réel vos biens, voire d’alerter automatiquement votre smartphone en cas d’éloignement suspect. Peut-on empêcher à 100% un vol ou une perte ? Non, bien sûr. Mais vous pouvez considérablement réduire le temps de réaction et augmenter les chances de récupération grâce à ces outils.

Ces dispositifs fonctionnent comme des « balises de détresse » pour vos bagages, sacs à main, mallettes d’ordinateur ou étuis à montres. Placés discrètement à l’intérieur, ils restent invisibles pour un voleur pressé et vous donnent un avantage précieux en cas de disparition. L’important est de bien choisir la technologie adaptée à votre usage (Bluetooth, GPS, réseau basse consommation) et de configurer en amont les applications mobiles associées, pour ne pas vous retrouver à improviser en plein aéroport.

Balises GPS apple AirTag et samsung SmartTag pour bagages enregistrés

Les AirTag d’Apple et les SmartTag de Samsung se sont imposés comme des solutions simples et abordables pour suivre ses bagages enregistrés. Contrairement à un GPS autonome, ces dispositifs exploitent le réseau mondial de smartphones (réseau Localiser chez Apple, SmartThings chez Samsung) pour signaler leur position approximative. Placé dans la doublure d’une valise ou d’un sac, un tag vous permet de vérifier si votre bagage a bien embarqué dans l’avion, s’il a été bloqué en transit ou s’il se trouve toujours dans la zone de tri d’un aéroport.

Avant le départ, associez chaque balise à votre téléphone, nommez-la de manière explicite (par exemple Valise cabine noire – Paris) et activez les notifications de mouvement. En cas de perte, vous pourrez déclencher le mode « objet perdu » et recevoir une alerte dès qu’un autre utilisateur compatible détecte la balise à proximité. Bien sûr, ces systèmes ne remplacent ni une assurance voyage ni de bonnes habitudes de sécurité, mais ils jouent le rôle d’un « fil d’Ariane électronique » qui vous relie à vos objets, même quand ils disparaissent dans les méandres des tapis à bagages.

Applications de géolocalisation tile et chipolo pour objets connectés

Si vous n’êtes ni dans l’écosystème Apple ni Samsung, ou si vous souhaitez une solution multi-plateforme, les balises Bluetooth Tile et Chipolo représentent une alternative intéressante. Ces dispositifs, couplés à leurs applications mobiles respectives, vous permettent de localiser vos clés, sacs à main, pochettes secrètes, étuis d’ordinateur ou même étuis à lunettes en quelques secondes. L’application affiche la dernière position connue sur une carte et peut faire sonner la balise si elle se trouve à proximité.

Un avantage majeur de ces solutions est leur communauté d’utilisateurs : plus la base d’utilisateurs est large dans la région où vous voyagez, plus vous avez de chances que votre balise soit détectée en cas de perte. Avant de partir, vérifiez la couverture dans vos destinations principales et configurez des alertes de séparation (separation alerts), qui vous préviennent si vous vous éloignez trop de votre sac. C’est un peu comme si vous demandiez à votre téléphone : « Préviens-moi si je m’en vais sans mon bagage cabine », et qu’il se mettait à sonner dès que vous l’oubliez au café de l’aéroport.

Coffres-forts portables et sacs à dos antivol pacsafe avec maille métallique

Pour les voyageurs qui dorment en auberge de jeunesse, prennent souvent les transports en commun ou laissent parfois leurs affaires à la plage, les coffres-forts portables et sacs à dos antivol offrent une couche de protection supplémentaire. Certaines marques comme Pacsafe intègrent une maille métallique dans la structure du sac, rendant très difficile la découpe au cutter, ainsi que des fermetures éclair verrouillables et des sangles renforcées. Vous pouvez ainsi attacher votre sac à un point fixe (lit, siège, barrière) et le laisser quelques instants sans surveillance relative.

Les coffres-forts portables, quant à eux, ressemblent à de petites pochettes rigides ou semi-rigides équipées d’un câble en acier et d’un système de verrouillage. Ils sont parfaits pour stocker vos passeports, cartes bancaires, smartphone de secours et petite joaillerie dans une chambre d’hôtel, une voiture de location ou un bungalow. En ancrant ce coffre à un élément fixe, vous augmentez considérablement le temps nécessaire à un voleur pour partir avec vos effets, ce qui est souvent dissuasif. Pensez-y comme à une ceinture de sécurité pour vos objets de valeur : ce n’est pas spectaculaire, mais ça fait toute la différence en cas d’incident.

Passages douaniers et formalités déclaratives internationales

Voyager avec des objets de valeur ne se limite pas à des considérations de sécurité : les aspects douaniers sont tout aussi essentiels. Entre les plafonds de franchise, les déclarations obligatoires et les restrictions sur certaines matières (ivoire, peaux exotiques, pierres précieuses), la méconnaissance des règles peut conduire à des saisies, des amendes, voire des poursuites pénales dans les cas extrêmes. Avez-vous déjà imaginé voir votre montre de collection ou votre appareil photo professionnel retenus à la frontière faute de documents adéquats ? C’est précisément ce que nous voulons éviter.

Avant chaque voyage international, renseignez-vous sur les réglementations en vigueur dans votre pays de départ, mais aussi dans le pays de destination et, le cas échéant, de transit. Les administrations douanières publient généralement des guides détaillés sur leurs sites officiels, avec des tableaux récapitulatifs des seuils de franchise et des catégories d’objets sensibles. Une préparation minimale vous évitera de longues discussions au guichet vert ou rouge et vous permettra de franchir les frontières en toute sérénité.

Formulaire cerfa de sortie temporaire pour œuvres d’art et antiquités

Si vous voyagez avec des œuvres d’art, des antiquités ou des objets de collection d’une valeur significative, il est souvent recommandé de remplir un formulaire de sortie temporaire auprès de la douane de votre pays de résidence. En France, cela se matérialise par des formulaires de type Cerfa (dont la référence peut évoluer), permettant de prouver que l’objet était déjà en votre possession avant votre départ. À votre retour, ce document atteste que vous ne l’avez pas acheté à l’étranger et que vous n’êtes donc pas redevable de droits et taxes à l’importation.

Ce dispositif est particulièrement utile pour les collectionneurs, artistes, galeristes ou simples particuliers voyageant avec une œuvre de famille de grande valeur. Les agents des douanes peuvent tamponner ce document lors de votre départ, parfois en présence de l’objet, puis vérifier sa concordance à votre retour. Sans cette preuve, vous pourriez vous retrouver dans la situation inconfortable de devoir justifier, facture à l’appui, que ce tableau, cette sculpture ou cette montre de collection ne provient pas d’un achat récent à l’étranger.

Carnet ATA pour le matériel professionnel et équipements audiovisuels

Pour les professionnels qui voyagent avec du matériel coûteux (caméras, drones, éclairages, instruments de musique, matériel médical ou scientifique), le carnet ATA constitue la solution de référence. Ce document douanier international, accepté dans plus de 70 pays, fonctionne comme un « passeport » pour vos équipements professionnels. Il permet une admission temporaire en franchise de droits et taxes, à condition que les objets repartent ensuite du territoire dans un délai déterminé.

En pratique, vous dressez la liste détaillée de votre matériel (description, numéro de série, valeur) qui est reportée dans le carnet ATA, puis validée par la chambre de commerce compétente. À chaque passage de frontière, les services douaniers apposent leur cachet à l’entrée et à la sortie. Cela évite d’avoir à payer des droits d’importation dans chaque pays visité et simplifie grandement les formalités. Sans carnet ATA, vous pourriez être amené à constituer des cautions ou à fournir des justificatifs complexes pour prouver le caractère temporaire de l’importation de votre matériel professionnel.

Seuils de franchise douanière et taxes à l’importation selon les pays

Les seuils de franchise douanière varient fortement d’un pays à l’autre, tant pour les voyageurs en provenance de l’Union européenne que pour ceux venant de pays tiers. Par exemple, à l’entrée dans l’UE, un voyageur aérien majeur bénéficie généralement d’une franchise globale d’environ 430€ pour les biens transportés dans ses bagages personnels (hors alcool et tabac soumis à des règles spécifiques). Au-delà, des droits et taxes à l’importation peuvent être exigés, calculés sur la valeur totale des biens.

Si vous avez acheté des bijoux, montres ou produits de luxe à l’étranger et que leur valeur dépasse les seuils de franchise, il est prudent de passer par le couloir « déclarations » et de présenter vos factures. Certes, vous devrez vous acquitter des taxes, mais vous éviterez les sanctions en cas de contrôle inopiné. De plus, déclarer officiellement ces objets vous permettra parfois d’en justifier la propriété et la valeur auprès de votre assureur par la suite. Enfin, certains pays appliquent des règles particulières aux métaux précieux et pierres brutes, considérés comme des marchandises sensibles : vérifiez ces spécificités avant de transporter des lingots, pièces d’or ou diamants bruts.

Certificats CITES pour bijoux en ivoire et peaux exotiques

Les bijoux ou accessoires fabriqués à partir de matières issues d’espèces protégées (ivoire, écailles de tortue, peaux de crocodiles ou de serpents exotiques, coraux rares, etc.) sont soumis à la réglementation CITES (Convention de Washington). Sans les certificats adéquats, ces objets peuvent être saisis par les douanes et ne sont parfois même pas restitués, car leur commerce est strictement encadré voire interdit. Il ne suffit donc pas que l’objet soit ancien ou de seconde main : ce sont la nature de la matière et l’espèce concernée qui déterminent le régime applicable.

Avant de voyager avec un sac en crocodile, une ceinture en peau exotique ou un collier en ivoire ancien, contactez les autorités compétentes (services CITES, douanes, ministère de l’Environnement) pour vérifier si un permis d’exportation temporaire ou un certificat d’origine est nécessaire. Gardez ces documents sur vous durant tout le voyage, car ils pourront être exigés à l’aller comme au retour, voire lors d’un simple transit dans certains pays très stricts. Dans le doute, la solution la plus sûre reste souvent de laisser ces pièces sensibles à domicile, dans un coffre sécurisé, plutôt que de prendre le risque d’une confiscation.

Protocoles de sécurité dans les hébergements touristiques

Une fois arrivé à destination, la manière dont vous gérez vos objets de valeur dans votre hébergement est tout aussi importante que les précautions prises en transit. Hôtel 5 étoiles, location saisonnière, maison d’hôtes ou auberge de jeunesse n’offrent pas le même niveau de sécurité, ni les mêmes dispositifs de protection. Pourtant, les erreurs les plus fréquentes restent les mêmes : laisser ses bijoux sur la table de nuit, son ordinateur ouvert sur le lit ou son sac à main posé près d’une fenêtre entrouverte.

La règle d’or consiste à appliquer le principe de sécurité en profondeur : ne jamais se contenter d’une seule barrière de protection, mais cumuler plusieurs mesures simples. À l’hôtel, privilégiez toujours le coffre-fort principal de la réception, souvent mieux sécurisé que le petit coffre de chambre. Renseignez-vous à l’avance sur les procédures de dépôt et de retrait, ainsi que sur les responsabilités de l’établissement en cas de vol. Dans une location entre particuliers, vérifiez l’existence de volets, de serrures en bon état, voire d’un coffre installé, et n’hésitez pas à utiliser un coffre-fort portable ou un sac antivol pour vos effets les plus sensibles.

Lorsque vous quittez votre logement, ne laissez jamais d’objets de valeur bien en vue à hauteur d’homme : les cambrioleurs ciblent en priorité les endroits évidents comme la table de chevet, la salle de bains, les tiroirs de commode ou le dessus d’armoire. Préférez des cachettes en hauteur ou dans des pièces peu attractives (placard à balais, buanderie), sans toutefois choisir des cachettes trop originales que vous risqueriez vous-même d’oublier. Enfin, adoptez une discipline quotidienne : faites un rapide inventaire mental de vos biens critiques (passeport, cartes, téléphone, bijoux portés) avant chaque sortie et chaque changement d’hébergement.

Précautions spécifiques pour équipements électroniques et données numériques

Les équipements électroniques – ordinateurs portables, smartphones, tablettes, appareils photo, disques durs externes – cumulent une double valeur : matérielle et immatérielle. Perdre un ordinateur en voyage, ce n’est pas seulement devoir en racheter un ; c’est parfois perdre des années de photos, de documents professionnels, voire s’exposer à un vol d’identité et à des intrusions dans vos comptes personnels. C’est pourquoi la protection de vos données numériques doit être pensée au même niveau que celle de vos bijoux ou montres de luxe.

Avant le départ, commencez par réaliser une sauvegarde complète de vos données essentielles sur au moins deux supports distincts : un cloud sécurisé et un support physique chiffré (disque dur externe ou clé USB avec mot de passe). Activez le chiffrement du disque sur vos ordinateurs (BitLocker, FileVault ou équivalent) et le verrouillage par code ou biométrie sur vos smartphones et tablettes. De cette façon, même si l’appareil est volé, l’accès à vos informations restera extrêmement difficile.

Pendant le voyage, ne laissez jamais vos appareils électroniques sans surveillance dans les lieux publics, même pour « quelques minutes ». Utilisez des câbles antivol pour fixer votre ordinateur à un point d’ancrage lorsque vous travaillez dans un café, un salon d’aéroport ou un espace de coworking. Évitez également de vous connecter à des réseaux Wi-Fi publics non sécurisés pour effectuer des opérations sensibles (paiements en ligne, accès à vos comptes bancaires ou professionnels). En cas de doute, utilisez un VPN de confiance pour chiffrer vos communications et limiter les risques d’interception.

Enfin, pensez à activer les fonctions de localisation et d’effacement à distance sur vos smartphones, tablettes et ordinateurs. Ainsi, si l’un de vos appareils disparaît, vous pourrez tenter de le localiser, de le verrouiller et, en dernier recours, d’effacer son contenu à distance. Couplée à une assurance adaptée pour votre matériel électronique, cette approche globale vous permettra de réduire au minimum l’impact d’un incident. Au fond, protéger vos données en voyage, c’est comme verrouiller la porte de votre maison numérique : cela demande quelques réglages au départ, mais vous voyagez ensuite avec l’esprit bien plus léger.